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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 19:13

Je remarque depuis quelques temps un changement chez les jeunes femmes musulmanes qui portent le voile. Ce changement s'observe également dans les pays du Maghreb et autres pays musulmans, où il a pris son origine. On pourrait le qualifier de modernisation du port du voile.

 

On peut ainsi voir de plus en plus de jeunes musulmanes associant voile et jeans, ou même leggings, extrêmement moulants ! Il en est souvent de même pour les pulls ou chemises. Elles montrent ainsi qu'elles sont voilées mais sans rien sacrifier aux codes vestimentaires imposés par la mode. Ainsi, si ce n'est le voile qui couvre leurs cheveux, elles ne diffèrent en rien des autres femmes en Occident.

 

Mais ces femmes ont-elles bien compris la signification du voile ? Je ne crois pas , malheureusement. Elles pensent que le rôle du voile se limite à couvrir la chevelure, et qu'en dehors de cela toutes les excentricités vestimentaires sont permises. Elles n'ont pas compris la signification symbolique du voile. Ce voile, qui pour les Occidentaux est un symbole de soumission et de régression, est pour nous un symbole de pudeur. Quel est le sens de cette notion et comment doit-elle se traduire ?

 

Elle se traduit d'abord par un code vestimentaire : porter des vêtements qui ne dévoilent pas nos formes les plus intimes. Mais attention, cela ne signifie pas porter de grands sacs noirs, ou de tout autre couleur, qui donnent à la femme l'apparence d'un fantôme ! L'Islam n'a jamais exigé des femmes de vivre en recluses ou d'êtres des ombres sur terre. Il leur a accordé, au contraire, tous leurs droits. Rappelons que c'est la première religion à avoir réglementé le droit des femmes à la succession. Rappelons aussi que la première épouse de notre prophète, que la paix et la bénédiction soient sur lui, était commerçante. Ce qui signifie qu'elle travaillait au dehors, au contact d'hommes et de femmes. Si les femmes musulmanes ont souvent hérité d'un sort injuste et souvent triste, ce n'est que le fait des hommes et de leur lecture biaisée du Coran.

 

Mais la pudeur doit aussi se traduire par un certain comportement, et ce dernier est tout aussi, voire plus, important que le vêtement extérieur. La pudeur nous impose une attitude digne en toutes circonstances. Elle nous interdit ainsi d'avoir un comportement exhibitionniste ou vulgaire . Marcher en s'esclaffant à gorge déployée, en mâchant du chewing-gum à vous décrocher la mâchoire, en proférant des insanités, ou accrochée au cou d'un homme (qu'il soit votre époux ou pas), pour ne prendre que quelques exemples fréquents que nous croisons tous quotidiennement, y compris dans les pays musulmans, est contraire à la pudeur.

 

Et c'est encore plus choquant quand c'est une femme voilée qui agit ainsi ! Or, chez elles aussi, on trouve parfois ce genre d'attitude. Dans ce cas, tout particulièrement pour celles qui cachent leurs cheveux et dévoilent leurs formes au travers de jeans moulants, ou autres, je pense personnellement qu'elles perdent leur temps : elles ne font que transpirer inutilement sous leur voile. Ne respectant pas les principaux codes de la pudeur, elles perdent tout le bénéfice du voile. L'attitude de ces personnes me rappelle un proverbe algérien concernant la tortue, que je pourrais vous traduire ainsi : « la pudeur de la tortue consiste à se cacher la tête tout en montrant son derrière ! »

 

Qu'est-ce que la pudeur ? Se limite-t-elle à se couvrir la tête ? Non ! La pudeur doit imprégner tout un comportement. La pudeur nous oblige à respecter notre intimité et celle des autres, intimité physique mais aussi morale. Ainsi, de même que nous ne nous dévoilons pas publiquement, nous n'étalons pas non plus nos sentiments ou nos émotions au vu et au su de tous. Ce qui est le plus personnel reste réservé à la sphère privée.

 

En imposant le voile aux femmes, l'Islam leur apprend la valeur de la pudeur, dont il a fait une obligation pour elles, mais aussi pour les hommes. Rappelons pour ceux qui l'ignorent, ou l'auraient oublié, que notre religion impose les mêmes interdits aux femmes et aux hommes. Ainsi, pour reprendre cette notion de pudeur, il est interdit aux hommes, comme aux femmes, de fixer du regard une inconnue ou un inconnu. Mais qui se tient à cette règle, que je qualifierai personnellement de savoir vivre, aujourd'hui ? Plus grand monde.

 

Il en est du voile, comme des autres principes de notre religion, beaucoup s'attachent au détail en oubliant le fondement de ce même détail. Beaucoup se contentent, malheureusement, de singer une attitude religieuse, en laissant de côté les principes fondamentaux. Ceux-là respectent la lettre en oubliant l'esprit. Or, on ne témoigne pas de son appartenance à une religion par le simple port d'un vêtement ou de tout autre signe extérieur (le port de la barbe par exemple), mais par son comportement tout entier. En se respectant et en respectant les autres, en privilégiant la science sur l'ignorance, en étant honnête jusqu'au moindre détail, en se montrant compatissant en toutes circonstances, en essayant d'aider son prochain, en souhaitant le meilleur pour toute créature de Dieu (humaine ou animale), en respectant tout ce qui nous entoure, en inculquant toutes ces valeurs à ses enfants, on témoigne de son Islam et de son appartenance à cette grande culture arabo-musulmane.

 

En ce qui me concerne, pour des raisons professionnelles, je ne porte pas le voile. Ou plutôt, si, je le porte dans mon fort intérieur, et c'est toute mon attitude extérieure, qui elle, témoigne, je l'espère, de mon Islam !

 

N. I.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 19:35

J'ai assisté dernièrement, par le biais de la télévision, à un spectacle extrêmement navrant et choquant, qui témoigne d'une certaine décadence morale, pour ne pas dire d'une décadence plus que certaine.

 

Je vous raconte la scène filmée par les télévisions internationales, et qui ont été diffusées brièvement au moment des fêtes de Pâques. Pour commémorer le geste de Jésus Christ lavant les pieds de l'un de ses fidèles, témoignant ainsi de l'humanité et de l'humble caractère de ce Prophète, le Pape, chaque année au moment de Pâques, reproduit ce geste auprès d'un citoyen quelconque. Cette année, pour cette occasion, il a choisi une femme musulmane.

 

Tout le monde aura compris le symbole. Le but est très noble, je n'en doute pas un seul instant, puisqu'il est de promouvoir le respect mutuel, ou pour reprendre un terme un peu passé de mode ces derniers temps, l'amitié entre les religions, qui va bien au-delà de l'amitié entre les peuples.

 

Du point de vue du Pape et de l'esprit chrétien, il n'y a rien de choquant à cela. Mais du point de vue de la musulmane que je suis, il en va bien autrement. Comment une femme, qui plus est musulmane, peut-elle accepter qu'un homme se baisse à ses genoux pour lui laver les pieds ? Cela revient à témoigner d'une supériorité qu'elle n'a pas, et à bafouer la dignité d'un autre être humain, qu'il fasse ce geste volontairement et dans un but précis n'a aucune importance. Une telle attitude est profondément indigne, dévalorisante et humiliante pour les deux personnes.

 

Je rappellerai modestement à cette femme, ainsi qu'à tous les musulmans, qu'en Islam il n'y aucune hiérarchie entre les êtres humains, qu'ils soient hommes ou femmes. Allah nous a tous crées égaux devant lui, la seule différence étant, et Il est Le Seul à pouvoir en juger, notre foi et notre obéissance à Ses commandements. Partant de ce principe, nul n'a à s'agenouiller, à baiser la main, ou à laver les pieds de qui que ce soit sur cette terre. Le musulman ne s'agenouille que devant son Créateur !

 

Voilà pourquoi une telle image, de même que voir des hommes et des femmes s'agenouiller, à longueur de journée, pour baiser la main d'un personnage soi-disant éminent me choquent profondément. Cela va contre les principes de notre religion et témoignent d'une certaine décadence morale de notre communauté.

 

Pour conclure, et illustrer mes propos, je citerai l'exemple de notre Prophète Mohammed, que la prière et la paix soient sur lui. Un jour, alors qu'il entrait dans un lieu, des hommes, qui étaient assis en assemblée, se levèrent pour l'accueillir. Il leur demanda la raison de ce geste. Ils lui répondirent qu'ils avaient vu les chrétiens et les romains agir ainsi pour faire honneur à leurs dignitaires. Il leur dit alors que les musulmans étaient différents et qu'ils n'avaient pas à imiter ou à adopter un tel comportement.

 

Si notre Prophète, qui est notre modèle humain et qui mérite notre plus grand respect après Allah, refusait qu'on lui témoigne ce genre de déférence, comment en sommes-nous arrivés à voir de telles scènes de bassesse aujourd'hui ? Comment les musulmans ont-ils fini par tout accepter et par se rabaisser à ce stade ? Comment, à l'opposé, un musulman peut-il accepter qu'un autre être humain plie le genou devant lui ? Comment peut-il placer son égo, la sur-estime de soi, au-dessus de la dignité humaine ? Personnellement, j'ai honte pour tous ces musulmans, que ce soient ceux qui tendent leurs mains ou leurs pieds aux autres ou ceux qui s'genouillent devant eux.

 

Dans le même temps, je les plains de tout mon cœur, parce qu'ils n'ont pas compris grand chose à notre religion. Ils n'ont pas compris qu'aux yeux d'Allah, nous naissions tous égaux, qu'on méritait tous le même respect de la part de chacun. Ils n'ont pas compris qu'à Ses yeux, la seule distinction existante était la qualité de nos cœurs et de nos actes. J'espère que dans l'avenir, les musulmans retrouveront le sens des valeurs fondamentales de notre religion, à savoir la dignité, l'amour de son prochain et le respect de la vie humaine (c'est en suivant ces principes qu'on peut témoigner de notre amour et de notre obéissance à notre Créateur), et regagneront ainsi leur dignité devant les hommes et devant Allah.

 

N. I.

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 19:54

Ces dernières années, on nous a beaucoup parlé de caricatures, publiées dans divers journaux occidentaux, prenant pour cible de moquerie notre Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur lui, et notre religion. On ne devrait rien en redire au nom de la sacro-sainte liberté d'opinion.

 

Il est vrai que des générations d'hommes se sont battu pour gagner cette liberté de pensée et d'opinion, et j'ai le plus grand respect pour la pensée de Voltaire qui disait à peu près cela (la citation précise m'échappe) : je ne partage pas vos idées, mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer. Ces grands penseurs se battaient pour défendre des idées qui devaient faire avancer l'humanité. Rappelons, que du temps de Voltaire (le XVIIIème siècle), parler d'égalité entre les hommes ou de liberté pour tous étaient des idées révolutionnaires, qui pouvaient coûter la vie à leurs auteurs. Alors, oui, effectivement, au regard du combat mené depuis des siècles par des hommes aussi brillants et courageux, la liberté d'opinion et la liberté de la presse (qui vont de pair) sont importantes.

 

Cependant, se moquer gratuitement d'un homme qui est l'emblème d'une religion, d'une civilisation et de toute une communauté religieuse à travers le monde (toutes nationalités confondues) ne relève en rien de la liberté d'opinion. Quelle opinion exprime-t-on lorsque l'on se contente de tourner en dérision un Messager de Dieu, et blesser, par ce biais, des millions d'êtres humains, qui n'aspirent qu'à vivre librement dans le respect de leur foi et de leurs concitoyens ?

La dérision est-elle une opinion ? Contribue-t-elle au progrès et au bien de l'humanité, objectifs premiers de tous ceux qui se sont battu pour cette fameuse liberté de penser ? Non. Bien sûr que non. Les auteurs de ces soi-disant œuvres artistiques (il s'agit de dessins) ne font qu'exprimer et encourager une mode actuelle, qui est la haine de l'Islam, sûrs ainsi de vendre massivement le support de leurs « oeuvres », des journaux en perte d'audience et donc de chiffres d'affaires. Ce ne sont pas des penseurs, mais de vulgaires marchands qui profitent de l'ignorance massive du public pour se remplir les poches. Ils ne contribuent pas au bien de l'humanité, mais à son déclin, en semant un peu plus de graines de discordes et de haine.

 

Il faut se montrer intelligent et ne pas tomber dans leur piège. Manifester, réagir avec une violence qui est trop souvent le mode d'expression de nos coreligionnaires, qui est tout le contraire de ce que nous enseigne l'Islam et qui nous nuit au plus haut point, c'est leur accorder un bien grand intérêt, qui de plus sert leur cause en leur faisant de la publicité gratuite. Non, il faut se contenter de leur accorder la seule réponse qu'ils méritent : le plus profond mépris, dans un silence qui leur signifie qu'on est bien au-dessus d'eux et qu'on les ignore. Il faut aussi leur accorder une réponse économique, la seule qu'ils peuvent entendre et comprendre : ne plus jamais acheter les journaux qui publient ou soutiennent ce genre de productions.

 

Leur venin ne devrait pas nous atteindre. Ce ne sont pas ces misérables crapauds gribouilleurs qui pourront entacher une religion et une civilisation de plus de 14 siècles. Ce ne sont pas leurs gribouillis qui empêcheront la parole de Dieu d'atteindre qui Il voudra. Ils peuvent nous insulter, tant qu'ils voudront, et de la manière qu'ils voudront, ils ne pourront pas éteindre la lumière qui nous guide, et qui guide de nouveaux convertis, de plus en plus nombreux chaque jour, à travers le monde.

 

La pureté de notre Prophète et la grandeur de notre religion ne peuvent être entachées par ces incultes. Par contre, ce qui me chagrine le plus, c'est le tort que nous font nos propres incultes, et que j'appellerai les « caricatures ambulantes », mais de celles-là je parlerai une autre fois.

 

N. I.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 18:47

Noël constitue pour les chrétiens en particulier et les occidentaux en général, un événement majeur. En plus de l'aspect religieux, qui s'efface un peu plus chaque année pour laisser la place au commercial, c'est une occasion pour les familles, toute génération confondue, de se retrouver et de se voir ou de se revoir : offrir des cadeaux aux enfants, manger et partager les plaisirs de la vie d'ici-bas, et enfin entretenir les liens familiaux.

 

Mais tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Il y a des personnes qui sont exclues de cette fête, parce qu'elles sont âgées et qu'elles se trouvent en maisons de retraite.

Ces personnes-là n'ont pas droit au partage familial de cette fête, car tout simplement elles sont un fardeau pour leurs proches, à savoir elles ne sont pas comme les autres : elles sont dépendantes, alors elles demandent de l'aide et ont besoin d'être prises en charge. Choses que les gens n'aiment pas accomplir.  

 

Tout cela peut-être compréhensible,Toutefois, il y a des personnes qui sont valides, à savoir elles ne sont ni grabataires, ni besoin d'un soin particulier. Dans ce cas-là, on a le droit de se poser la question sur le comportement des proches de ces personnes-là et en particulier leurs enfants.

 

Cette année, et comme presque toutes les autres années, j'ai travaillé le jour de Noël. Ce jour là, ceux qui avaient de la chance étaient invités chez leurs enfants ou leurs petits enfants, tandis que les autres étaient obligés de rester à la maison de retraite, car personne n'était prêt à les accueillir. Elles étaient tristes et enviaient les plus chanceux. Le pire est que cette attitude ne venait pas des personnes étrangères, mais de leurs propres progénitures. A la limite certains résidents ont trouvé de l'excuse pour leurs enfants, puisqu'ils sont allées passer noël ailleurs. Par contre, la pilule à été dure à avaler pour d'autres, qui leurs descendants ont passé la fête dans la même ville qu'eux, à savoir Toulouse.

A l'heure du repas du midi, certains nous disaient que finalement rien ne manquaient à la fête, et qu'ils étaient tranquilles, car ils ne supportaient plus les cris et les turbulences des enfants. Une dame me disait, encore, que monter les escaliers jusqu'au 2ème étage lui donnerait de la fatigue. C'était une façon de se consoler, car finalement toutes ces personnes m'avouaient juste après que ce choix leur était imposé. La dame qui se plaignait des escaliers a dit à tout le monde à haute voix : "Nous sommes les orphelins de noël ! ". Nous avons répondu, nous le personnel, que nous étions là pour eux. C'était une façon pour détendre l'atmosphère.

 

Tous les ans, la scène se répète et cette catégorie de la population paye les frais de la mentalité de cette société, qui accorde la priorité aux enfants, mais exclu en quelque sorte les personnes âgées, et pourtant elles représentent 25% de la société ; leur pourcentage doit encore augmenté dans les années à venir, vu la longévité de la vie.

Cette population a travaillé dur pour élever ses enfants. Elle a sacrifié pas mal de choses pour que leurs enfants puissent avoir une bonne situation. Une dame, qui a 65 ans et qui est valide, m'a confié qu'elle avait laissé son appartement à son fils, pour que son dernier puisse s'installer en couple et qu'il ne paye pas de loyer ailleurs. Le résultat, ce dernier au lieu d'être reconnaissant, a choisit de s'éloigner d'elle. Ses visites sont très très rares, ses coups de téléphone l'ont aussi ; pourtant son domicile se trouve à cinq minutes à pied de la résidence. Elle espérait quand-même le voir ce jour de noël, mais la journée s'est terminée et elle n'avait même pas droit à un coup de fil de sa part. Elle a pleuré, car elle ne s'attendait pas à un tel traitement.

 

Pour conclure, heureusement que tout le monde ne traite ses parents de la même façon, mais les personnes âgées restent fragiles même si elles ne sont pas malades. La vieillesse reste souvent une étape difficile à vivre ; maladie, solitude, souffrance, remords, fragilité, alors pour la rendre plus agréable il faut l'accompagner avec un peu de chaleur humain de la part de l'entourage familial. 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 15:54

La France les appelle les immigrés, entendez les immigrés de la première génération. Pour nous, ce sont nos pères, ces hommes qui ont tout quitté, leur famille, leur pays et tout ce qui faisait leur vie. Ils ont fait ce sacrifice suprême, essentiellement pour nous, leurs enfants. Pour que nous puissions avoir une vie meilleure que la leur. C'est à ces hommes que j'aimerais rendre ici l'hommage qu'ils méritent.

 

Pour cela, j'aimerais vous raconter le parcours de mon père, parce que c'est celui que je connais le mieux, mais qui est représentatif de milliers, voire de millions d'autres histoires d'hommes de sa génération.

 

Mon père a quitté sa terre de Kabylie, en Algérie, en 1956, à l'âge de 21 ans. En partant, il laissait derrière lui sa toute jeune femme, toute sa famille et son pays, alors en pleine guerre de libération. Étant l'aîné de sa famille, il avait décidé de partir pour travailler en France, où il savait que les salaires étaient meilleurs, pour subvenir aux besoins de sa famille. A ce moment-là, il pensait revenir après quelques années de travail.

 

Comme tous les hommes de sa génération, mon père est très pudique. Il ne nous a jamais réellement raconté la dureté de sa vie, les humiliations et les souffrances qu'il a dû vivre à cette époque, où les Arabes n'avaient aucune reconnaissance et n'étaient bons qu'à fournir, aux entreprises françaises, une main d’œuvre solide et malléable à merci. Il ne nous a jamais raconté les détails de sa vie d'immigré, il ne s'en est jamais non plus plaint, mais au fil des conversations on attrapait au vol quelques confidences de ce douloureux passé. C'est ainsi que j'ai, peu à peu, pu reconstruire cette histoire.

 

Il était venu s'installer dans la banlieue lyonnaise, où il avait rejoint de lointains cousins qui s' étaient installés dans cette ville et y travaillaient depuis quelques années, en faisant d'incessants retours entre la France et l'Algérie. Dans la semaine qui suivit, il fut employé comme manœuvre dans une entreprise du bâtiment. Depuis lors, il travailla dans ce secteur jusqu'à sa retraite. Comme ses cousins, il s'installa dans un hôtel d'immigrés, où il faisait si froid l'hiver que l'eau de la toilette gelait dans les seaux. A l'époque, aucun Arabe ne pouvait prétendre louer un appartement pour son compte.

 

En tant qu'Algérien, il a souffert de plus de racisme que les autres Arabes, qui étaient à ce moment là aussi moins nombreux. Un jour, alors qu'on parlait de la situation actuelle, il nous raconta qu'à cette époque, il devait changer de trottoir dès qu'il croisait un Français dans la rue. Il ajouta qu'il était aussi inimaginable pour lui et ses compatriotes d'entrer dans un café ou un restaurant français. Non, chacun vivait dans son monde, et Français et Algériens ne se côtoyaient que sur les chantiers. Aucune cohabitation et aucune amitié possible.

 

Les années passèrent, et il accepta toutes ses souffrances pour le bien des siens. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, le sort des immigrés arabes commença néanmoins à s'améliorer. En gagnant leur indépendance, les Algériens gagnèrent plus de fierté et de dignité, y compris en France. Quand on a enfin son propre pays, on ne nous regarde plus comme des moins que rien. On n'est plus seulement des travailleurs, on devient enfin des hommes.

 

Tout de suite après l'indépendance, mon père retourna en Algérie, cette fois à Alger, où sa famille s'était installé pour fuir les sévices de l'armée française. Il commença à travailler là-bas, mais il se rendit vite compte que ses revenus ne suffisaient pas pour faire vivre toute sa famille, même si à l'époque il n'avait encore aucun enfant. Il décida donc de revenir en France, où il s'installa cette fois à Grenoble. Il fut alors embauché dans une filiale de l'entreprise lyonnaise où il était, et y resta jusqu'à sa retraite. A force de travail et d'acharnement, de manœuvre il devint ouvrier hautement qualifié. Je me rappelle encore de sa fierté lorsqu'il gagna une médaille du travail, pour son sérieux , son investissement dans le travail et sa fidélité à l'entreprise.

 

C'était un ouvrier extrêmement sérieux, au point qu'en 1970, tout de suite après un accident de la route, durant lequel il avait été percuté par une voiture alors qu'il se rendait à son travail en mobylette, il était allé travailler. Ce n'est qu'après avoir commencé à vomir sur le chantier qu'il finit par raconter son accident matinal à ses collègues. Ils le conduisirent alors immédiatement à l'hôpital, où on lui trouva une importante fracture de crâne. Il fut immobilisé à l'hôpital pendant six mois. Puis il reprit son travail. Il garde des séquelles de cet accident jusqu'à aujourd'hui, elles se traduisent par des migraines extrêmement fortes qui durent plusieurs jours. Quand je pense à mon père aujourd'hui, je le vois encore partir au travail à 6h30 ou 7h, alors que je me réveillais pour aller à l'école, et je le revois le soir s'attacher la tête avec un turban pour atténuer sa douleur et pouvoir retourner au travail le lendemain matin. Ni mon père, ni la très grande majorité de ses compatriotes, n'a ruiné la sécurité sociale française. Non, ils ont cotisé à cette caisse, en lui demandant un strict minimum et ils ont vécu grâce à la sueur de leur front ! Mon père détestait les arrêts maladie et ne les acceptait que très rarement, sur les injonctions de son médecin, lorsque sa douleur devenait plus qu'insupportable. Pour lui, sa famille ne pouvait vivre qu'avec l'argent qu'il gagnait dignement. Prendre un argent qui n'était pas le fruit de son travail était pour lui la pire des indignités !

 

Deux ans avant cet accident, mon père avait réussi, grâce aux démarches multiples d'un collègue français (à ce moment-là, comme je vous l'ai dit, le regard des Français commençait à changer et une telle amitié était devenue possible) à louer un appartement dans le secteur privé, dans une petite commune à la sortie de Grenoble. Il pouvait enfin rêver de faire venir sa femme, et son premier enfant, sa fille qui venait de naître. En juillet 1970, ma mère et moi le rejoignîmes en France. Depuis lors, la vie de mon père s'illumina enfin.

 

A partir de ce moment-là, je pense qu'il commença à voir son immigration comme presque définitive. Il allait vivre en France jusqu'à ce que ses enfants grandissent, et il ne retournerait dans son pays qu'à la retraite. Maintenant, il n'allait plus accepter les tourments de l'exil pour sa grande famille (mère, frères et sœur), mais pour ses enfants et sa femme. Son objectif était devenu clair : il fallait que ses enfants étudient le plus loin possible, qu'ils réussissent pour justifier son exil et venger ses humiliations !

 

Après moi, sont arrivés ma sœur et mes deux frères. A nous quatre, il inculqua le désir de réussir. Il ne pouvait pas lire nos bulletins scolaires, mais on le faisait pour lui chaque trimestre. C'était là sa récompense. Par pudeur, il ne nous a jamais dit qu'il était fier de nous, mais son regard en témoignait bien assez. Il ne gagnait qu'un salaire d'ouvrier, ce qui l'obligeait à être économe, d'autant plus qu'il tenait à nous amener en vacances en Algérie environ tous les deux ans. Il était obligé de faire attention à ses dépenses, mais il y a un seul secteur où il ne comptait jamais : l'éducation. Il nous achetait immédiatement, et les yeux fermés, tout ce dont on avait besoin pour l'école. Les livres commençaient à s'accumuler à la maison, et c'était sa grande fierté. Il avait des enfants qui aimaient l'école et qui avaient d'excellents résultats.

 

Plus tard, à chacun de nos diplômes universitaires il montrait la même fierté pleine de réserve et de pudeur. Je devinais tout le bonheur qu'il éprouvait à dire à ses connaissances que sa fille était en maîtrise ou DEA, que son aînée terminait son doctorat, ou que son plus jeune fils venait de décrocher son Bac S. Il ne connaissait pas la signification de ces noms, mais il nous les faisait répéter jusqu'à ce qu'il les apprenne par cœur. Attention, n'allez pas croire que mon père était prétentieux ou vaniteux ! Non, il était fier et humble, il ne parlait de tout cela que lorsque son entourage le questionnait.

 

Aujourd'hui, on a tous réussi nos études et on a la chance de faire les métiers qu'on a choisi. On le doit d'abord à Dieu, mais tout de suite après à notre père et à tous ses sacrifices, ainsi qu'à notre mère, à son don de soi et à toute son abnégation. Elle qui ne nous a jamais laissé l'aider à la maison, pour ne pas nuire à nos devoirs.

 

Aujourd'hui, j'entends et je lis les théories de certains sociologues, qui nous racontent que les pères immigrés ont perdu toute autorité, parce que méprisés par la société française, ils avaient en conséquence perdu (ou n'ont jamais eu) l'estime de leurs enfants. Quelle aberration ! Certes, certains d'entre eux vivent cette situation, mais pour des raisons autres, selon moi. Raisons qu'on pourra aborder une autre fois.

 

Réfléchissez, quel enfant pourrait avoir honte d'avoir eu un père qui a tout sacrifié pour lui offrir une vie meilleure ? Inimaginable ! Il faut être un enfant indigne et sans cœur ! Il en existe, malheureusement, je vous l'accorde. Mais ils restent minoritaires. Je reste convaincue que la grande majorité des enfants d'immigrés pensent comme moi. Je n'ai jamais eu honte de mon père, loin de là, je suis fier de tout ce qu'il a fait et enduré pour nous. Quand on parle du monde ouvrier, et du manque de fierté de certains de nos coreligionnaires, je dis toujours, avec la plus grande fierté, que mon père était ouvrier, et qu'il a pu élever, et très bien, quatre enfants, grâce à son unique travail et sans jamais percevoir le moindre centime d'aide sociale. Un tel père ne peut qu'hériter du respect et de la reconnaissance, en plus de tout l'amour bien sûr, de ses enfants.

 

En revanche, j'ai une pensée très émue pour tous les pères et toutes les mères qui ont fait les mêmes sacrifices que mes parents, et les mêmes rêves, sans rien gagner de leur exil. Quel malheur d'avoir tout quitté, famille et patrie, d'avoir accepté tant d'humiliations pour avoir des enfants qui finissent sans aucun repères. Des enfants qui gâchent leur vie, et finissent par vivre plus mal que leurs parents, parce que contrairement à ces derniers qui avaient des valeurs et de la fierté, eux se retrouvent dénués de tout cela !

 

Toutes les femmes et les hommes de ma génération doivent être fiers des sacrifices de nos parents, et nous devons nous montrer dignes d'eux et à la hauteur de leur abnégation. Ils ont tout abandonné et renoncé à beaucoup de choses pour nous. Ils ont accepté, leur vie durant, d'être définis comme immigrés, avec toute la condescendance, quand ce n'est pas le mépris, que ce terme renferme, pour nous. Tout cela pour que nous ayons une vie meilleure et plus digne de respect qu'eux. Ne l'oublions jamais, et faisons toujours de notre mieux pour gagner la reconnaissance dont ils ont été privés, et pour justifier et légitimer ainsi leur exil. Transmettons également leur histoire et cette responsabilité envers eux à nos enfants, et plus tard à nos petits enfants. Pour qu'ils n'oublient jamais pourquoi nous sommes là, pourquoi nous sommes devenus des Français et non plus des immigrés, et comment nous sommes arrivés là !

 

                                                                                                   N. I.

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 13:46

En 1960, lors de sa campagne présidentielle, le président John Fitzgerald Kennedy avait prononcé un discours durant lequel il a lancé une phrase restée célèbre, et reprise par de multiples candidats politiques à travers le monde : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez vous ce que vous pouvez faire pour lui ! » Il invitait ainsi ses concitoyens à ne pas attendre l'aide de l'état, à se prendre en charge et à œuvrer au développement et à la grandeur de leur pays.


Je pense que cette phrase est profondément juste, et c'est la raison pour laquelle elle est restée dans les mémoires. Chaque citoyen, de quelque pays qu'il soit, devrait la prendre à son compte s'il aime son pays. Mais j'ai envie d'aller plus loin et de la conseiller à titre individuel, à tous et particulièrement aux minorités. En ce qui les concerne, il faudrait qu'elles l'appliquent à elles-mêmes avant de penser au pays dans lequel elles vivent.


Je pense ici plus particulièrement à la minorité musulmane vivant en France, à laquelle j'appartiens. A longueur d'année, chaque fois qu'on fait parler mes coreligionnaires vivant difficilement dans des banlieues de plus en plus dures, on entend inlassablement la même complainte : « on n'est pas intégré, on souffre du chômage... » Certes, pendant longtemps, la France a préféré cantonner ces populations venues d'ailleurs le plus loin possible de ses centres villes. Certes, il était et il est encore difficile de louer un appartement dans certains quartiers lorsqu'on porte un nom arabe ou africain. Certes, il était et il est encore difficile de trouver un emploi, lorsqu'on porte ce genre de nom. Pire encore, plus cet emploi est intéressant et valorisant, plus cela est difficile. Mais difficile ne veut pas dire impossible !


Afin que cela devienne possible, il faut arrêter de se lamenter et se prendre en main, en ne comptant que sur soi-même, et sur Dieu. Il faut accepter la réalité, se dire qu'on doit en faire toujours plus que ses compatriotes autochtones (les « franco-français » comme se définissent de plus en plus certains Français, dont je ne citerai pas l'appartenance idéologique et politique) pour arriver au même résultat, puis pour les dépasser quand c'est possible.


Il faut partir du principe que c'est d'abord à nous de faire l'effort nécessaire pour nous intégrer. Il faut se dire que l'intégration est une affaire personnelle avant d'être une affaire gouvernementale. En adaptant la phrase de Kennedy : « que puis-je faire pour moi-même, pour me faire ma place dans cette société, pour me faire accepter et faire accepter ma communauté ? » En théorie, cela est moins compliqué qu'il n'y paraît.


Pour s'intégrer, il n'est pas nécessaire de prendre un prénom à consonance non-arabe, ou à renier la langue de ses parents, ses origines ou sa religion. S'intégrer ne signifie pas s'effacer, s'assimiler. Cela signifie se faire une place au sein de la société, se faire accepter et respecter, tout en restant soi-même. Mais pour être respecté, il faut commencer par se respecter soi-même et respecter cette société et toutes ses règles.


Le respect de soi commence par le travail. N'est pas digne de respect celui qui préfère vivre de l'assistanat que du fruit de ses efforts. Une telle personne est également indigne de sa religion, car l'Islam valorise l'effort et rejette la passivité. Un proverbe arabe dit : « Maudit soit celui qui tend la main ». Tendre la main signifie mendier, auprès des personnes ou de l'état. Un autre proverbe : « la nourriture est meilleure lorsqu'elle est gagnée à la sueur de son front. » Je ne dis pas que lorsqu'on vient de perdre un emploi, il vaut mieux se laisser mourir de faim que de percevoir les allocations de chômage. Mais on doit accepter cette aide au strict minimum et tout faire pour se remettre au travail, quitte à se recycler ou à partir s'installer ailleurs.

Mais pour être respecté, il faut aussi commencer par respecter les autres et les institutions. Le respect des autres passe par le savoir vivre, à commencer par les relations de bon voisinage. Rappelons que ces relations sont sacrées en Islam. Le musulman se doit de respecter et de secourir son voisin, quel qu'il soit. Un hadith dit à ce propos : « N'est pas musulman celui qui peut dormir en sachant que son voisin a faim. »Pour en revenir aux banlieues difficiles, comment voulez-vous vous intégrer quand vous avez un comportement de barbare ? Attention, je n'ai pas dit que tous ces habitants étaient des barbares, mais certains. Outre l'assistanat de certains, la délinquance d'autres, il y a surtout le manque d'éducation. Comment accepter des gens qui passent leur temps à crier et à insulter à toute heure du jour et de la nuit, empêchant les honnêtes gens, musulmans et autres, de dormir la nuit pour pouvoir aller travailler le lendemain ? Comment accepter des gens, si minoritaires soient-ils, qui semblent ne pas savoir ce qu'est la propreté.


A ce propos, j'ai envie de vous raconter une histoire très édifiante et instructive à plus d'un titre. Le Prophète Mohammed, que la paix et la bénédiction soient sur lui, avait un voisin juif. Je précise que beaucoup de Juifs vivaient dans la péninsule arabique en ce temps-là. Chaque jour ou presque, ce voisin déversait ses ordures devant la porte du Prophète, sûrement pour lui témoigner son animosité mais surtout son aversion pour son Message. Ce qui est compréhensible, puisque chaque prophète a rencontré le rejet des adeptes de la religion précédente. Un jour, le Prophète fut très surpris de ne pas trouver d'ordures devant sa porte. Il en fut de même les jours suivants, si bien qu'il finit par s'en inquiéter. Il décida de rendre visite à son voisin, pour prendre de ses nouvelles. Il apprit ainsi que ce dernier était malade et alité. Le méchant voisin demanda au Prophète la raison d'une telle visite : comment pouvait-il venir voir celui qui déversait toujours ses ordures devant sa porte ? Le Prophète lui répondit, qu'Allah, le Très-Haut, recommandait d'avoir de bonnes relations avec tous ses voisins. Le juif fut tellement surpris qu'il se convertit à l'Islam, avant de mourir. Par son comportement, la preuve de son extrême sagesse et son humanité, le Prophète amena un étranger à vouloir s'intégrer à la communauté musulmane !


Aujourd'hui, dans ces cités, les temps ont malheureusement bien changé. Ce ne sont pas les autres qui déversent des ordures devant la porte des musulmans. Ce sont certains parmi ces derniers, minoritaires mais trop nombreux, qui déversent leurs ordures au bas des immeubles, et qui s'étonnent ensuite que leurs voisins non musulmans ne les supportent pas et préfèrent partir vivre le plus loin possible ! Il en est de même pour leurs voisins bons musulmans, qui subissent le résultat de tels comportements : une plus forte discrimination. Ce qui rend plus difficile leur départ vers d'autres quartiers plus calmes.


Pour être respecté et s'intégrer, il faut aussi respecter toutes les institutions. Ce n'est pas en enfreignant les lois, en brûlant et en cassant pour exprimer sa colère, aussi légitime soit-elle, que l'on fera progresser l'intégration. Bien au contraire, cela ne fait qu'accroître le mépris, le rejet et la haine. Plus les banlieues brûlent, plus le front national monte et la haine augmente.


La première institution qu'il faut respecter est l'école. C'est à elle que nous confions très tôt nos enfants, et c'est d'abord par elle que passe l'intégration. En effet, comment s'intégrer dans une société dont on ne maîtrise ni la langue ni la culture ? Vous me direz que beaucoup de Français, plus ou moins de souche, ne maîtrisent ni l'une ni l'autre, sans qu'on remette en cause leur appartenance à la nation. Mais il n'en est pas de même pour nous. Comme je vous le disais, nous devons toujours faire plus. Ce n'est pas en braillant dans une langue inventée, faite de mélange d'arabe et de français bizarre, ce qui est une atteinte et une insulte pour ces deux langues, que vous serez intégré.


Il faut donc commencer par donner une bonne éducation à nos enfants (c'est le premier rôle de tout parent digne de ce nom), leur inculquer le goût du travail, leur donner l'envie d'apprendre, puis les suivre et les encourager au maximum dans leur scolarité. Je vous rappelle que le savoir, quel qu'il soit, est fortement valorisé par notre religion. Un hadith dit : « Allez chercher la science, même si pour cela vous devez aller jusqu'en Chine ». Je vous rappelle qu'à cette époque les Arabes voyageaient à dos de chameaux ou en bateau, alors imaginez l'effort ! Plus ils auront de diplômes, plus ils s'intégreront facilement, et plus ils gagneront d'honneur pour leur communauté. L'autre avantage des diplômes, c'est que si la France refuse encore de leur faire la place qu'ils méritent, ils ont le monde entier pour les accueillir et valoriser leurs compétences. Ainsi, beaucoup de nos diplômés ont dû s'expatrier, et s'installer entre autres au Qatar, au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et autres pays qui ont su reconnaître leur vraie valeur. A la maison, c'est à nous de leur apprendre notre culture d'origine et notre religion, pour qu'ils ne renient rient et bénéficient d'une véritable double culture.


En résumé, il faut arrêter de se plaindre et se remettre en question. Que faisons-nous, chacun, pour nous intégrer ? Sans oublier que le comportement des plus mauvais nous nuit à tous ! Si tous les musulmans de France se contentaient simplement de mettre en pratique tous les principes de leur religion (générosité, honnêteté, respect, justice, éducation, travail...), s'ils avaient un bon comportement, leur intégration serait grandement facilitée. Comme je le disais précédemment (cf « le halal est-il un mode de vie ? »), s'ils vivaient selon les fondements de leur religion, ils seraient plus qu'intégrés, ils seraient enviés et pris en exemple. Les pays occidentaux, qui se plaignent tant du vieillissement de leurs populations, appelleraient de tous leurs vœux les musulmans de tous pays, au lieu d'en avoir une peur noire, pas bleue ! Il faut aussi dire que si tous les musulmans du monde appliquaient de tels principe nos pays d'origine seraient de véritables paradis, que personne ne souhaiterait jamais quitter !


J'espère de tout mon cœur qu'un jour les musulmans de France gagneront leur intégration et tout le respect que notre religion mérite. Il suffit pour cela que nous nous en montrions dignes , en actes plus qu'en paroles. J'espère aussi de tout mon cœur que les pays musulmans finiront par trouver la bonne voie qui fera d'eux des pays où il fera bon vivre et retourner si mon premier vœu n'est pas exaucé. Que Dieu soit avec nous tous dans ce digne combat, inch'Allah.

 

 

N. I.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 14:02

Vous croyiez probablement que, depuis le temps, les Français s'étaient habitués au voile musulman et avaient fini, avec plus ou moins de réticence ou d'animosité, par l'intégrer. Et bien détrompez-vous ! Il est des territoires où ce couvre-chef n'est absolument pas toléré par les indigènes du coin.

 

C'est le cas dans les petits villages de la France la plus profonde, où soit dit en passant ce sont tous les musulmans qui sont rejetés en bloc. On m'a rapporté plusieurs exemples illustrant cet état de fait. Par ailleurs, j'en ai fait moi-même l'expérience. Il y a plusieurs années, je me suis trouvée, pour des raisons professionnelles, dans un charmant petit village d'Ardèche prénommé Chomérac. Je peux vous dire que mon premier contact avec la population locale a été plus que glacial. Je m'étais arrêté pour demander mon chemin à un fermier, qui me tournait le dos. Celui-ci s'apprêtait sûrement à me répondre, mais en se retournant, il remarqua que je n'appartenais pas à son espèce. Il se figea comme s'il avait vu une extra-terrestre et garda le silence en me fixant de son horrible regard. Je n'ose pas imaginer ce que cela aurait été si j'avais été voilée ! Je repartis décontenancée et extrêmement choquée. Par la suite, dans l'exercice de ma profession d'enseignante dans ce village, j'ai eu l'occasion de croiser de nombreuses personnes de cette espèce.

 

Ce qui est plus choquant, c'est de retrouver ce genre d'attitude dans des régions plus touristiques, où par définition on croise des gens venant de partout et donc sensés être plus ouverts. Pourtant il n'en est rien. Mais dans ce cas, précisons-le, les habitants et les touristes font une petite distinction : ceux qu'ils ne supportent pas, ce sont principalement les musulmans qui affichent leur religion, essentiellement par le port du voile.

 

Je vais vous donner un exemple bien concret. Depuis plusieurs années, nous passons nos vacances d'été dans une petite commune du bord de mer, non loin de Perpignan. Il y a quelques années nous ne croisions pratiquement pas de coreligionnaires, mais cela a commencé à changer dernièrement, fort heureusement. On arrive même à croiser occasionnellement des femmes voilées dans les rues ou même sur les plages. Et là, il faut vraiment voir les regards qui se posent sur elles ! Je suis sûre que bon nombre de ces sympathiques vacanciers auraient aimé que la municipalité, outre le panneau «interdit aux chiens », ajoute un panneau interdisant la plage aux femmes voilées.

 

Cette année, on a invité ma mère à passer le week-end avec nous. C'est une femme âgée portant le voile. Que de regards haineux j'ai vu se poser sur elle ! A vous en rendre malade ! A commencer par notre gentille voisine, qui habituellement discute toujours avec nous. Chaque fois qu'elle la voyait assise seule sur la terrasse, elle passait sans un bonjour. Un autre jour, on a croisé, de l'autre côté du trottoir, deux vieux messieurs, je devrais dire deux vieux horribles monstres. Ils nous fixaient et parlaient à voix suffisamment haute pour qu'on les entende. Résumé en les citant : « Regarde, il y en a même ici ! Oui, ils sont partout ! » Si ma bonne éducation ne m'avait pas retenu, je lui aurais répondu : « Oui, c'est comme les vieux c., eux aussi sont partout ! » Une autre fois, alors que ma mère et moi prenions notre café sur la terrasse, un homme est passé en vélo. Nous voyant, il a attendu de dépasser légèrement la maison pour se mettre à scander : « le minaret, le minaret, le minaret... ! » Je lui ai répondu intérieurement : « Inch'Allah ! »

 

C'est encore pire lorsqu'une femme voilée ose s'aventurer sur la plage ! Là, la seule voile que l'on apprécie c'est celle des bateaux qui passent au loin. Chaque fois, qu'il y a un voile musulman dans les parages, vous avez les mêmes regards qui se figent et se braquent. Un jour, une jeune femme voilée a même osé se baigner toute habillée. O scandale ! Moi, je dis bravo à son courage !

 

Pourquoi tant de haine ? Qu'y a t-il-de si choquant à ce qu'une femme porte le voile ? Pourquoi est-ce plus choquant et plus insupportable que de voir une femme s'exhiber pratiquement nue ? La liberté de la femme résiderait-elle uniquement dans la nudité ? Les soi-disant intellectuels n'ont cessé de dénoncer le voile comme symbole de soumission ou d'appartenance politique (entendez extrémiste), que l'opinion publique l'a accepté et admis comme parole d'Evangile. Mais dans le premier cas, il y a une contradiction flagrante. Si tout le monde pense que les femmes se voilent sous la torture de leur mari, lorsqu'ils voient une femme voilée enfin « autorisée » à sortir de son cloître pour respirer l'air marin, ils devraient se réjouir pour elles, et non la regarder avec haine !

 

Mais dans les deux cas, ils se trompent. Le voile n'est ni un symbole de soumission, si ce n'est à Dieu, ni un symbole d'appartenance politique. C'est simplement un acte de dévotion, la volonté de vivre sa religion pleinement. Une musulmane voilée est sensée être une personne qui répond à toutes les obligations de l'Islam. Elle doit être habitée par l'amour et la crainte de Dieu, en tout moment. Elle doit être honnête et droite dans tous ses actes. En d'autres termes elle doit être l'incarnation de la bonté. Ce qui est loin, bien malheureusement, d'être le cas.

 

Cependant, malgré le tableau que je viens de dresser, il ne faut pas se décourager. Les musulmans doivent effectivement être partout, et contribuer, par un comportement exemplaire, à changer les mentalités hostiles qui nous entourent. C'est à nous de faire le travail pour expliquer ce qu'est notre religion. C'est à nous, par notre comportement, de leur faire comprendre que nous ne sommes pas de dangereux ennemis, mais des citoyens comme eux, qui n'aspirons qu'à vivre en paix et contribuer à l'enrichissement économique et culturel de ce pays que nous avons choisi, ou qui est le nôtre par naissance. Le chemin est très long et difficile, mais nous pouvons y parvenir, inch'Allah.

 

N. I.

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 22:34

L'autre jour, j'attendais le bus avec ma fille. On habite un quartier calme et agréable du centre ville de Toulouse. Et pourtant, là aussi on n'est pas à l'abri des mauvaises surprises ou des mauvaises rencontres.

Un vieux monsieur en costume arriva et s'installa sur le banc de l'abri bus. Bientôt, il fut rejoint par une femme, âgée de la soixantaine et accompagnée d'un chien noir en laisse. Vu l'apparence extérieur de cette femme, l'état de son visage rougeâtre, et son manque de propreté , on pouvait croire que c'était une SDF ou une marginale. Lorsqu'elle commença à parler avec le vieux monsieur, à côté de qui elle venait de s'asseoir, je découvris un véritable monstre plein de haine.

Le vieux monsieur, qui avait d'abord montré un malaise, lorsque la femme s'était assise à côté de lui, devint vite beaucoup plus détendu lorsqu'elle prononça, avec toute la haine possible, le mot magique : « ARABE » !

Elle lui raconta qu'une Arabe avait voulu lui voler son sac ! Ce qu'on a du mal à imaginer : qui aurait l'idée de prendre un sac aussi plein de saleté à une femme qui a l'air complètement démunie ! Je pense plutôt que cette femme s'est un peu trop approchée, et l'autre, aveuglée par sa haine, voyant une Arabe, en a forcément conclu qu'elle voulait la voler ! 

Quoiqu'il en soit, le vieux monsieur et la femme s'en donnèrent à cœur joie. Que de clichés et de haine déversés en moins de dix minutes ! Ils avaient sûrement remarqué que je les observais et qu'il m'était impossible de ne pas les entendre, mais peu importe, ils étaient tout à leur joie.

 

Je vous résume les propos, en corrigeant le mauvais français de la femme :

Elle : Mais quel culot ces Arabes ! Ils se croient tout permis ! On peut rien leur dire ! En plus maintenant, on a les socialistes, alors on peut rien faire ! L'Arabe, elle avait 15 enfants ! Vous vous rendez compte ! Elle doit sûrement toucher plus d'un million (sous-entendu en prestations sociales) !

Lui : Ah, sûrement ! Mais 15 enfants, comment elle a fait ?

Elle : Je ne sais pas, mais elle m'a dit qu'elle avait 15 enfants !

Lui : Ils nous ont chassé de l'Algérie, ils ne voulaient pas être français, et maintenant ils viennent chez nous ! Ils n'ont qu'à rentrer chez eux !

Elle : Oui, qu'ils dégagent chez eux ! Non, mais ça va mal finir cette histoire.... Mais moi, demain, je vais voter ! (sous-entendu aux élections législatives)

Je vous laisse deviner pour quel parti politique ! J'avais envie de lui répondre que moi aussi j'allais aller voter !

Tous ces propos ont été répétés plusieurs fois sur tous les tons, pour bien vider toute leur haine. A d'autres moments ils chuchotaient pour ne pas être entendus, et là, j'imagine que ce qu'ils disaient était encore plus ignoble.

 

A un moment donné, j'ai failli intervenir, puis je me suis ravisée. Parle-t-on à des chiens qui aboient ? Non. Un proverbe arabe dit : « Les chiens aboient et la caravane passe ». Et bien en l'occurrence, les chiens aboyaient et ma caravane attendait.

Je vais donc me contenter de leur répondre ici, indirectement.

 

Je réponds tout d'abord à la femme. Je doute que la personne qu'elle a croisée ait réellement 15 enfants. Elle a sûrement un trouble de la vision, trouble très fréquent chez les gens de son espèce. Dès qu'ils voient une famille d'origine arabe, ils voient et comptent double ou triple. Je l'ai observé lorsque je suis avec mes enfants et neveux. Ils ne sont que six au total, mais certains s'arrêtent pour les observer et sûrement les compter. Et bien sûr, ils doivent tirer les mêmes conclusions que cette femme. Alors je vais les rassurer : il y a sûrement des familles d'assistés, comme il y en a partout, mais la plupart des familles sont des gens honorables, comme vous et moi, qui travaillent pour élever leurs enfants.

Autre chose : elle parle d' « Arabe ». Mais il est aussi très probable qu'il s'agisse d'une personne issue de la deuxième génération de l'immigration, donc née en France et française par conséquent. Mais avec ces gens, dans dix générations, on sera encore Arabe ! Jamais Français ! Qu'ils commencent par apprendre à parler correctement leur propre langue avant de décider de qui est français et qui ne l'est pas ! De telles personnes sont une honte pour la France, qu'ils sont loin de représenter, fort heureusement. Si un jour ces incultes pleins de haine devenaient majoritaires, je serais la première à quitter ce pays que j'aime et qui est celui de mes enfants, puisqu'ils y sont nés. Et je ne serais pas la seule.

Vous dites que tout cela va mal se terminer. De quoi nous menacez-vous ? De nous enfermer dans des camps, pour tous nous massacrer ? Vous proposez peut-être de nous stériliser pour que nous ne puissions plus toutes faire 15 enfants ? Vous rêvez !!! Nous ne sommes pas apatrides, nous avons tous le pays de nos parents pour nous accueillir. Nous avons aussi le monde entier. Si la France ne devait plus être peuplée que de gens incultes et dégénérés comme vous, je serais très triste pour elle et pour son avenir économique et culturel, mais je partirais sans la moindre hésitation.

 

Je réponds maintenant au vieux monsieur. Selon lui cette « Arabe » était forcément algérienne ! « Ils » vous ont chassé de l'Algérie parce qu'ils ne voulaient pas être français?! Non, mon cher monsieur, ils vous ont chassé de l'Algérie parce qu'ils ne pouvaient plus supporter plus de 130 ans d'expropriation et d'humiliation ! Ils vous ont chassé parce qu'ils voulaient reconquérir leur pays et redevenir des hommes libres maîtres de leur destinée ! Sous le joug de la colonisation, ils ne voulaient pas plus être français que vous ne vouliez vous mêmes être allemand pendant l'occupation allemande durant la seconde guerre mondiale !

Vous leur dites de rentrer chez eux, mais ils sont déjà chez eux ! Vous êtes allés les envahir et les coloniser pendant plus de 130 ans, vous avez décrété, unilatéralement que l'Algérie était « française » pendant tout ce temps. Puis dans les années 1950, vous avez fait venir leurs pères, leurs grands-pères pour la génération actuelle, afin de contribuer à la reconstruction de la France. Et maintenant vous demandez à tous ces gens de rentrer chez eux ! Impossible, il fallait y penser avant. Si vous n'étiez pas allés les envahir, ils ne se seraient probablement jamais invités chez vous. Maintenant, il faut assumer votre histoire, comme on assume la nôtre.

Je parle ici en mon nom, au nom des Algériens et des Français d'origine algérienne. En 1962, grâce à leur courage, les Algériens ont enfin retrouvé leur liberté et leur dignité. Beaucoup ont payé cette liberté au prix de leur vie. Mais la page est tournée. Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous, arrivés ici durant leur tendre enfance ou nés ici, avons choisi d'être français, et de planter nos racines dans ce pays. Nous sommes français et nous aimons ce pays, sans rien renier de nos racines et de l'histoire de nos parents. Nous en sommes fiers. Et par notre travail nous espérons que notre propre réussite, quelle qu'elle soit, et la réussite future de nos enfants, rendront honneur à nos parents et seront à la hauteur de leurs sacrifices.

Nous ne demandons qu'une chose : le RESPECT. Arrêtez de nous juger tous d'après le comportement intolérable et plus que condamnable de certains. Il y du bon et du mauvais partout. De même que ces deux personnes détestables et méprisables sont loin de représenter les Français dans leur ensemble, de même la soi-disant voleuse, dont vous parlez, ne représente pas les Arabes ou les Français d'origine arabe dans leur ensemble. Mais pour comprendre cela, il faut un minimum d'intelligence !

 

N.I.

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